Concert d'Ez3kiel au Nadir à Bourges (18)
Emmetrop c’est récemment doté d’une nouvelle salle toute belle, toute neuve. Après une soirée d’inauguration le lundi 22 septembre, Ez3kiel était le premier concert à être programmé dans cette
salle. Un concert fort en émotion et en signification donc, puisque ce groupe électro de Tours qui est désormais connu sur le plan international, à fait ses premiers pas en dehors de leur
ville grâce à l’association Emmetrop.
Le nouvelle salle est assez petite (un peu plus de 350 places), c’est donc un concert assez intimiste qui se profil, bien loin de l’envergure de leur concert au Palais D’auron durant le Printemps
de Bourges 2008. Pas de première partie (mais en revanche un Dj local qui clôturera la soirée après le set d’Ez3kiel, à savoir Shake One) on entre directement dans le vif du sujet.
Le groupe est composé de quatre musiciens. Un bassiste à la carrure impressionnante nommé Yann, deux batteurs dont l’un s’occupe également de gérer une machine ainsi que divers autres
instruments. Et enfin un guitariste s’occupant également aux machines. A savoir que le bassiste est également le graphiste du groupe, et dieu sait si l’ambiance visuelle dans Ez3kiel est
travaillé et fait partie in
On commence doucement dans le concert, avec Adamantium, piste d’ouverture de leur dernier album Battlefield. Cela dit, ce concert n’est pas purement promotionnel pour la
sortie de cet album, car beaucoup d’ancienne compos nous seront servis, pour le plus grand plaisir des fans de la première heure. Rentrer complétement dans l’univers musical d’Ezekiel n’est pas
aisé, c’est seulement après une petite dizaine de minutes de concert que je me laisse emporter par les sonorités lentes et lourdes de How Do You Sleep. Les musiciens achèvent de nous
enlever loin de la salle avec Xebece, morceau plus onirique de leur précdent album : Naphtaline. Tout cela est aidé par la projection de vidéos derrière les
musiciens. On reconnaît les icônes récurrentes de l’univers d’Ezekiel. Puis d’un coup l’ambiance change du tout au tout, le doux rêve dans lequel on est emporté disparaît : plus d’image à
l’écran, plus d’éclairage, un unique stroboscope martèle à un rythme infernal ses flashs de lumières froide, la musique se distord, s’accélèrent et s’acharnent dans une masse saturée de bruit
sans réel cohésion : c’est l’anarchie au pays des mirages. Puis, tout s’éteint d’un seul coup, c’était la minute et demi de Firedamp.
Le spectacle continue, alternant les morceaux électro planants de leurs anciens albums et les nouvelles compos se rapprochant plus du post rock. Le spectacle est constant, outre les visuels
magnifiquement travaillés, les musiciens semblent possédés par leur musique, voir par leur instrument quand dans des montées musicales particulièrement puissantes ils se jettent sur leurs
machines, manquant de les faire tomber, pour mieux faire corps avec elles.
Enfin, c’est le moment tant attendu. Le bassiste s’éclipse doucement sur le côté de la scène et réapparaît sous les applaudissements accompagné d’une grande sphère transparente. Un immense
sourire aux lèvres, il entreprend de nous expliquer le concept de cet objet créer sur mesure par le groupe. A chaque contact avec la paroi de la sphère, une note se produit. Il l’a fait rebondir
plusieurs fois sur la scène pour que tout le monde saisissent, puis la jettent dans la foule. Alors, chaque spectateur semble retourner en enfance. Tout le monde veut toucher cette boule magique.
Elle volette de çi de là partout dans la salle, déversant soigneusement son cocktail de notes. Cet exercice reste tout de même risqué, car la sphère pèse son poids et alors qu’elle était
retournée malencontreusement sur la scène, le bassiste décocha un formidable coup de pied du gauche pour la renvoyer vers le public. Manque de pot, le shoot dégomma précisément ma photographe qui
prenait innocemment quelques clichés à côté de moi. Heureusement, plus de peur que de mal, et après les excuses et sourires gênés du bassiste, je la retrouvais bien vivante.
Dans la série innovations technologiques musicales et visuelles particulières à Ezekiel, je voudrais vous présenter également le duel des batteurs. Derrière eux, sur l’écran, des bras mécaniques
tapent sur des petits rond qui correspondent à un son particulier. Ces bras s’active à chaque fois qu’un des batteurs produit un son. Au début, les deux musiciens se jaugent, se répondent. Mais
très vite, l’ambiance s’échauffe et chacun veut augmenter le rythme et le niveau. Sur l’écran, les bras mécaniques ce double, se triple, sont multiple et s’affolent dans tout les sens,
retraduisant le côté physique du combat de manière saisissante.
Le concert est donc un franc succès, d’un niveau bien supérieur à celui du printemps de Bourges. Nous aurons même le droit à un rappel, avec entre autres l’un de leur morceau les plus connu :
Versus. Il y est fait le débat par simple mot évocateur du bien et du mal perpétué par l’histoire humaine. Des mots comme « Guernica », « Nuclear », trouve écho avec « Spirituy », «
Gandhi »…
Un moment vraiment très intense, tout le public porter par la rythmique exceptionnelle de ce morceau. Il n’est pas dit à la fin qui l’emporte : le bien ou le mal ? Le jugement de l’espèce humaine
nous appartient, mais ce qui est certains c’est que durant cette heure et demi, Ezekiel ont réussis à nous faire oublier le mal pour nous montrer le beau.
myspace Ez3kiel
report : Enzo
photos : Marion
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