La petite salle du Bateau Ivre, en difficulté financière depuis deux ans déjà à la suite d’une coupure de subvention, subsiste tant bien que mal et continue de nous proposer une
programmation sympathique. Les Petites Bourrettes est le premier concert que je fais là bas de la nouvelle saison. Ce groupe, qui a commencé dans le métro comme nous
confiera le chanteur durant le concert, était d’abord porté sur la Chanson Française acoustique, et a peu à peu dérivé vers un « rock chanson » tirant parfois vers la pop.
Cela, je ne le savais pas encore en allant à ce concert. J’ai donc été dans l’ensemble assez surpris, agréablement mais pas toujours, ayant toujours eu un peu de mal avec l’univers pop
rock. Cela dit, n’allons pas confondre LPB avec le premier groupe rock en slim qui passe par là profitant de la vague actuelle. Conscient de leur virage, LPB
club (car ils venaient tout
juste de changer de nom, et contrairement à ce qu’on a cru ce soir là ce n’était pas une blague) tente de prendre les préjugés à contre-pied en pratiquant une autocritique et un humour
très second degré envers eux même et le public. Les deux chanteurs (l’un est accordéoniste, l’autre guitariste) forme un duo étonnant sur scène qui font parfois penser à deux
comiques bien rodés. On passe donc un agréable moment où la présence scénique et le jeu avec le public sont vraiment primordiaux, j’ai d’ailleurs rarement vu ce point aussi développé
dans un concert de ce genre.
Pour en revenir au côté musical, le groupe alterne chanson calme, avec parfois uniquement un chanteur et sa guitare acoustique mettant en avant ses textes souvent autobiographiques et
humoristiques, et d’autre fois des compositions énergique et rock avec souvent des mélodies qui vous donnent un grand sourire, c’est ça le pouvoir de la pop, tout est beau et
tout est rose. Comme les textes d’ailleurs, qui sont pour la grande majorité totalement dénué d’esprit d’engagement, dommage pour un groupe qui quelques albums plus tôt écrivait
des textes tels que « La chanson du métro », sur les chanteurs des métro ou encore « J’bouffe c’qu’on m’donne » sur la mal bouffe. Plus de ça
aujourd’hui, le groupe doit passer courant décembre sur la chaîne W9 alors on est plus là pour faire des vagues.
Mis à part ce manque de valeur, rien à redire à ce groupe qui a su évoluer et se faire sa place dans le monde musical, nulle doute que si il continue sur cette voie, on risque de
l’entendre dans peu de temps sur RTL2 « nouvelle scène Française », prenant le même chemin que Bénabar ou Renan Luce. J’ai tout de même énormément apprécié
lorsque pour le
final ils sont passés en mode acoustique, troquant la basse contre une « Basse-bassine ». Reprenant pour l’occasion « Le
Printemps », une des chansons les plus populaires de leurs débuts, et aussi une reprise des Ogre de Barbacks, « Pour me rendre à mon bureaux ».
Pour conclure,on peut dire que c’était un concert très agréable, notamment grâce au bagou incroyable du chanteur et à la classe et l’humour décalé de l’accordéoniste. Seul peur et seul
regret, le chemin dans lequel semble s’engouffrer le groupe, pourvu qu’ils sachent garder la tête froide et ce second degré auto dérisoire qui réussi encore à leur sauver la mise !
Report : Enzo Petillault alias Zoen
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